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Conférences

LA SCIENCE OCCIDENTALE ET NOTRE MUSIQUE :
les rapports mitigés
Jeudi 13 Décembre à 9h30

Maître de Conférence, Monsieur Aydoun Ahmed

Musicologue, compositeur, directeur artistique de plusieurs festivals dont le dernier était le festival national des arts populaires de Marrakech, directeur artistique des enregistrement réalisés entre le Ministère de la Culture au Maroc et la Maison des Cultures du Monde à Paris entre mai 1989 et février 1992 (84 Cds), inspecteur principal de l'enseignement musical de 1993 à 2005, ex directeur du conservatoire national de musique et de danse, ex chef de la division de la musique et des arts chorégraphiques au Ministère de la culture, actuellement conseiller musical auprès de la Radio Marocaine.



Peut-on qualifier de « classique » la musique maghrébine dite andalouse ? Pour apporter une réponse convaincante, il nous faut remonter à l’usage que l’Europe a fait de cette notion de classicisme.
En effet, la culture occidentale a non seulement dominé le monde depuis la révolution industrielle, mais aussi diffusé des normes basées sur la rationalité et l’apologie de la forme. Il s’en est suivi un traitement exclusif à la période allant à peu près de 1750 à 1820 encadrée par le baroque et le romantisme, et par extension à toute la musique savante de tradition écrite qui en occident va de la Renaissance à nos jours.
Néanmoins, après le dépassement de l’européocentrisme, on commence à récupérer le terme pour désigner toute musique hautement codifiée et comportant une architecture aux contours immuables. C’est en ce sens qu’on parle par exemple de la musique classique indienne, ou de la musique classique maghrébine (qui englobe « al-ala », le « gharnati », la « çan’a » et le « malouf »).

Le classicisme européen était édifié sur les bases suivantes :
La tradition écrite
  1. La carrure des phrases musicales
  2. La  polyphonie au sens général
  3. Les fonctions tonales
  4. L’instrumentation
  5. La notion de forme
  6. La division entre genre instrumental et genre vocal

En passant à la musique classique maghrébine, on peut reprendre les sept bases précitées tout en en discutant la pertinence dans une musique qui a été générée hors de la logique historique qui a présidée au développement de la musique en Europe.
C’est l’occasion propice de discuter d’un certain nombre de problèmes  théoriques et pratiques dont :

  1. Ceux liés à l’écriture et à la transcription,
  2. La nature des mélodies et des fonctions modales
  3. L’existence de formes spécifiques et de structures minimales.

Ces questions peuvent éclairer la façon dont nous traitons nos traditions musicales : le terme de conservation devient de plus en plus problématique quand on soupçonne les grandes possibilités technico-artistiques de la nouba, et ce grand chantier laissé en friche aux recherches d’interprétation.
C’est dans cette optique que la science occidentale peut être d’un grand secours aux développements que les musiciens aimeraient imprimer à notre musique classique.

 
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