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Mot du Commissaire du Festival
Fidèle parmi les fidèles et soutien de la première heure à Festivalgérie, Cheikh Hasan La’riby nous a quittés. Prématurément. Comme à chaque fois qu’un pan de notre culture et de son histoire s’estompent.
Homme singulier par la diversité de ses talents, sa ténacité, sa prodigieuse vitalité, il était de cette race d’acier, de cette lignée des vrais guides ; ceux qui ne cherchaient jamais la maîtrise sur leurs disciples mais leur élévation en favorisant leur veine créatrice.
Il fût et demeure le maître qui sut nous enseigner que la tradition n’est pas le passé. Ni ce présent imbu de lui-même et ne transmettant que son propre autisme.
Condamnée à innover sous peine de se renier et de disparaître, la tradition est au-delà de toute temporalité et ne se rapporte qu’à ce qui est permanent…
Espace privilégié des nobles et exigeantes convergences musicales et artistiques, notre manifestation reste fidèle à son credo : la fraternité internationale.
Festivalgérie se veut donc une dynamique scène du généreux partage, un lieu où chacun s’enrichit de la culture et de l’expérience de l’autre, où chacun prend conscience du fabuleux trésor qu’il doit à l’autre et du privilège que chacun a de se reconnaître dans l’autre. Un lieu où le langage universel prend sens et envol…
La méditerranée est un espace culturel ouvert qui va au delà de ses limites géographiques. Jusqu’au XVème siècle, cette mer nourricière façonna son univers d’une esthétique dont la riche et profonde parenté en est le socle identitaire. Cette parenté d’autrefois nous interpelle aujourd’hui et ces musiques anciennes résonnent comme un appel, une prière afin de réconcilier le nord avec le sud et de rétablir enfin les évidentes et naturelles passerelles entre l’orient et l’occident. Et de sortir de ces insensées oppositions qui ont causé tant de malheurs !
Ainsi, les musiciens « arabes » étaient fortement adulés en Perse, et les musiciens « persans » occupaient les cours abbassides. Les exemples sont légion. L’interpénétration des musiques arabe et persane est des plus attestées, et il fut un temps où la distinction entre les deux registres était quasi impossible. Les différentes cours se disputaient les mêmes artistes.
Cette saine rivalité culturelle n’a point attendu le XXème siècle pour donner naissance à … la première internationalisation des musiciens !!!
Cette proximité culturelle et cette complicité musicale enveloppaient des contrées qui nous paraissent aujourd’hui -et à l’heure de la mondialisation galopante- fort éloignées les unes des autres. Paradoxalement ?
Rachid Guerbas
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