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Entretien: Dimitri Puyalte, la passion flamenca.
Rencontré hier à l'entrée de la salle salle Ibn Zeydoun où il venait assister au concert, Dimitri Puyalte nous retrace les grands moments de sa jeune et brillante carrière de guitariste flamenco. Il nous présente par ailleurs son duo avec Cristobal Corbel et nous donne un avant-goût du concert de ce soir. |
Vous avez commencé par une formation classique avant de vous orienter vers la guitare flamenca. Qu'est-ce qui vous a décidé à changer de cap? C'est en écoutant des musiciens tels que... Mon père qui jouait beaucoup de musique classique espagnole ainsi que du flamenco. Et comme tous les guitaristes de flamenco, Paco de Lucia! C'est commun de dire cela mais... c'est vrai (rire).
Comment votre père (Claude Puyalte) qui est un grand guitariste classique a jugé cette passion pour le flamenco? Il a eu un peu de mal au début. Nous avons des origines espagnoles dans la famille mais on est beaucoup plus français. Mon père me disait que je devais laisser le flamenco aux espagnols. Puis petit à petit il a fini par accepter.
Comment avez-vous appris la guitare flamenca? Je suis allé en Espagne à Jerez de La Frontera qui est le berceau du chant flamenco et j'y est rencontré plusieurs maestros gitans et non gitans. Et puis en écoutant des disques et en rencontrant des artistes.
Notamment Serrita... Oui. Serrita est aussi le fils d'un grand guitariste qui s'appelait Antonio Serra. Il vient de Barcelone et avait accompagné la grande danseuse Carmena Maya. J'ai beaucoup appris auprès de lui pendant trois ans de cours.
Et puis vous avez monté votre propre formation, La Planeta Andalucia... Le grupo de la planeta Andalucia est composé de danseuses et de chanteurs qui font du flamenco traditionnel et nous faisons des tournés en France. D'ailleurs, le guitariste qui jouera avec moi demain (Cristobal Corbel) fait partie de cette formation. Nous sommes deux guitaristes dans le groupe.
Votre duo avec Corbal est donc issu de cette formation... Dans le duo nous jouons en qualité de solistes alors que dans le groupe nous sommes accompagnateurs. C'est un exercice complètement différent, c'est une autre énergie. Nous essayons de donner quelque chose de plus profond dans le sens où il s'agit d'une recherche plus intérieure alors que quand on accompagne on tente de s'ouvrir sur ce que font les danseuses et chanteuses, ou danseurs et chanteurs, du groupe autour de nous.
De quoi sera composé le programme du concert de ce soir? Ce sera des pièces tirées du répertoire traditionnel flamenco mais arrangées pour le duo. Mon ami (Cristobal Corbal) a une manière très intéressante d'harmoniser cette musique pour deux guitares. Il y aura des bulerias et des tangos qui sont très festifs, une farruca, des zambras où l'ont sent vraiment l'influence orientale, des sevillanas qui sont des danses traditionnelles typiques de Seville et une allegria qui est le chant de la ville de Cadiz.
Qu'évoque pour vous la musique andalouse? Pour moi cela évoque d'abord le flamenco mais j'ai écouté aussi beaucoup de musique arabo-andalouse. Je sais que se sont des musiques qui ont des liens énormes mais c'est une musique tout a fait différente. J'avais fait un spectacle de fusion il y a quelques années où j'avais accompagné une chanteuse de musique arabo-andalouse et j'ai compris que ce genre est complètement différent du flamenco.
Entretien réalisé par Bouchakour Walid
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