Festival international de la musique andalouse et des musiques enciennes
Quatrième édition
Du 21 au 30 Décembre 2009
20h, Salle Ibn Zeydoun, Riad El Feth, Alger.

Le Malûf tunisien, contenus et formes
par Syrine Ben Moussa


Originaire de Testour, haut lieu du malûf tunisen, Syrine Ben Moussa est doctorante à la Sorbonne où elle consacre ses travaux à l’étude des nûbas et à l’analyse des tubû’.
En Tunisie, en Libye ainsi que dans l’Est algérien, la musique arabo-andalouse est connue sous le nom de « Malûf ». Cette appellation signifie en langue arabe, «le familier », « l’accoutumé » ou encore « l’habituel ». Elle évoque la fidélité à un patrimoine musical enrichi par divers apports et échanges interculturels.
L’étude du « Malûf » dans ses plus profonds détails reste un domaine peu exploré. Entièrement basée sur la transmission orale, cette musique se retrouve confrontée face à un problème de transcription et de notation. Elle se plie, finalement, aux règles occidentales, perdant ainsi une partie de son authenticité et de son caractère.
La préoccupation de comprendre cette tradition musicale, prend directement le pas sur l’observation pure et sur la pensée descriptive et analytique. En effet, bien que nous ayons du mal à les définir et à les nommer, certain détails restent perceptibles à l’oreille et contribuent à relever et à maintenir ces particularités qui font la richesse d’un patrimoine musical essentiellement basé sur l’oralité et sur la pratique.
En Tunisie, la forme principale du « Malûf » est la nûba. Il s’agit d’une suite instrumentée et chantée en neuf mouvements : istiftâh, mşaddar, abyât, btâyhîyya, tûshiya, brâwal, adrâdj, khfâyif et âkhtâm. Les nûbas tunisiennes seraient à l’origine au nombre de quatorze. Nous n’en connaissions, aujourd’hui, que treize : dhîl, ‘irâq, sîka, ‘hsîn, rasd, raml al-mâya, ‘nwâ, asba’ayn, rasd al-dhîl, raml, isbahân, mazmûm, mâya.
D’autres pièces annexes viennent, cependant, s’ajouter à l’ensemble des nûbas. On parle de formes dérivées qui portent en elles l’empreinte du style classique et qui témoignent d’une grande interaction culturelle. Parmi ces formes, nous citerons le shghul, le zadjâl, le fûndu et le bashraf.
Cette étude est essentiellement consacrée à la description et à l’analyse des éléments constitutifs de la nûba tunisienne et aux formes dérivées précédemment énumérées. Elle comportera une description rythmique et modale basée sur différents extraits du répertoire.

Syrine Benmoussa
 
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